Edouard Philippe l’a dit : les femmes seront les « grandes gagnantes » de la réforme des retraites. Aucun chiffre, aucune simulation pour le démontrer. Ayez confiance.

Sauf que nous nous sommes plongées dans sa réforme et qu’il y a un paquet de problèmes pour les femmes. La retraite serait désormais calculée en prenant en compte l’ensemble de la carrière et non plus les meilleures années. Plus possible de neutraliser les périodes de temps partiel, le chômage ou les interruptions pour prendre en charge les enfants et les personnes dépendantes. Les majorations pour enfants seraient une nouvelle fois rognées. Les pensions de réversions excluraient désormais les couples divorcés et seraient accessibles seulement une fois à la retraite. Les professions dans lesquelles les femmes sont concentrées paient un lourd tribut : plus de reconnaissance de la pénibilité et de départ avant 62 ans pour les 400 000 aides soignantes, infirmières et sage-​femmes, effondrement de la retraite des 600 000 enseignantes…

Le premier ministre l’a martelé : « il faudra travailler plus longtemps ». Pourquoi ? Parce que le principe de la réforme est de bloquer le financement de notre système de retraite à son niveau actuel, 14% du PIB, alors que la proportion de retraité·es dans la population augmente. Ce plafonnement se traduira notamment par le retour du risque de pauvreté chez les retraité.e.s âgé.e.s, en grande majorité des femmes.

Pourtant, l’indépendance économique est une condition indispensable pour l’émancipation, pour pouvoir faire ses choix de vie et quitter son conjoint si on le souhaite. Nous demandons le retrait de cette réforme sexiste. Nous voulons une réforme des retraites féministe qui repose au contraire sur la réduction du temps de travail, l’égalisation des salaires, le renforcement de l’activité professionnelle des femmes, et permettre aux femmes comme aux hommes d’avoir une retraite complète tout en ayant du temps pour leur vie sociale et familiale.

Premières signataires

Agathe, collectif “Nos retraites”
Manon Aubry, eurodéputée
Clémentine Autain, députée
Ana Azaria, Femmes égalité
Marion Barbeau, 1ère danseuse à l’Opéra de paris
Sophie Binet, CGT
Hélène Bidart, adjointe à la mairie de Paris
Laurence Cohen, sénatrice
Eva Darlan, comédienne
Laurence De Cock, historienne
Caroline De Haas, #Noustoutes
Genevieve Fraisse, philosophe
Sigrid Gerardin, FSU
Murielle Guilbert, Solidaires
Juliette, auteure musicienne
Cherifa Khiari, femmes gilets jaunes, collectif des femmes du Palais
Sophie de La Rochefoucault, comédienne
Mathilde Larrère, historienne
Séverine Lemière, économiste
Mélanie Luce, UNEF
Christiane Marty, Copernic
Céline Picques, OLF
Sophie Pochic, sociologue
Audrey Pulvar, militante écologiste
Sandra Regol, EELV
Suzy Rojtman, CNDF
Rachel Silvera, économiste
Sophie Taillé, Génération.s
Assa Traoré, comité Justice pour Adama
Catherine Tricot, directrice de Regards
Céline Verzeletti, CGT
Malika Zediri, collectif chomeu.se.r.s et précaires

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