« Au commissariat central de Montpellier, on demande aux victimes de viol si elles ont joui ».

Cette phrase n’est qu’un exemple parmi des centaines de témoignages de femmes victimes de violences sexistes et sexuelles, qui affluent depuis mercredi sur les réseaux sociaux, suite au lancement du hashtag #DoublePeine, lancé par la militante Anna Toumazoff. 

Partout en France et encore aujourd’hui, les femmes victimes de viols font face à une véritable #DoublePeine : être victime d’un acte criminel et subir des humiliations par les policiers qui accueillent leurs plaintes dans les commissariats. Banalisation des faits, refus de prendre la plainte, culpabilisation de la victime, moqueries, racisme : depuis des années, des milliers de femmes témoignent de la façon dont une partie des forces de l’ordre les accueille dans les commissariats.

C’est insupportable. Deux ans après le Grenelle sur les violences conjugales et les promesses du gouvernement, les associations sont unanimes, les mesures mises en place pour l’accueil des femmes victimes de viols ne sont pas à la hauteur ! En mars dernier, une enquête du collectif #NousToutes révélait que plus de 6 femmes sur 10 étaient victimes d’une mauvaise prise en charge lors du dépôt de leur plainte.

Toutes et tous ensemble, exigeons dès maintenant du Ministre de l’Intérieur qu’il mette en place une politique publique à la hauteur des besoins de formation du personnel de la police.

Aujourd’hui, seulement 10% des femmes victimes de violences sexuelles osent porter plainte. Il est primordial d’encourager les femmes à effectuer cette démarche difficile ; l’accueil des victimes étant la première étape pour obtenir l’ouverture du procès et faire condamner l’auteur de l’agression.

À ce jour, seulement 67 intervenant.es supplémentaires ont été recruté.es, depuis 2019, pour sensibiliser les forces de l’ordre à l’accueil et à la prise en charge des femmes victimes de violences. L’afflux de témoignages nous montre bien que c’est encore trop peu !

Il est temps que les pouvoirs publics prennent la mesure de l’urgence et agissent concrètement. 

Ensemble, aux côtés des associations, exigeons du Ministre de l’Intérieur qu’il protège toutes les femmes victimes de viols en France. Les femmes doivent pouvoir compter sur une police et une gendarmerie formées et à l’écoute de leurs souffrances.

~ ~ le mouvement

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