Avec le confinement, nous avons découvert ce que pourrait être un Paris libéré de la voiture, un Paris où l’on peut à nouveau entendre les oiseaux chanter, un Paris où l’air est plus respirable, un Paris plus sûr, où l’on peut déambuler en toute sécurité dans les rues, un Paris où ceux qui vraiment besoin d’une voiture (artisans, véhicules prioritaires, personne à mobilité réduite…) peuvent circuler de manière fluide.

Voulons-​nous revenir au Paris d’avant, celui où il fallait se battre pour traverser la rue, où l’on avait peur de prendre un vélo, où l’on craignait pour la vie de nos enfants sur le chemin de l’école, où les alertes pollution se succédaient, où la voiture occupait la moitié de l’espace public ?

Ou voulons-​nous d’un Paris où l’on respire mieux, où l’on dort mieux, où l’on circule mieux, où l’on vit mieux ? Voulons nous être fier·es d’une ville qui soit exemplaire face à l’urgence climatique, qui applique strictement l’accord qui porte son nom ?

Nous vivons un moment historique, un moment charnière, où nos élus peuvent imposer la seule solution réaliste face aux enjeux de santé, de sécurité et de changement climatique : une réduction de moitié du trafic routier dans Paris.

Non, ce n’est pas un rêve porteur de division entre Paris et la banlieue : moins d’un quart des déplacements Paris-​banlieue s’effectue en voiture.

Non, ce n’est pas un rêve de bobos contre les plus défavorisés : deux personnes sur trois au volant à Paris appartiennent aux catégories socioprofessionnelles supérieures. Tandis que les plus fortes concentrations de polluants atmosphériques sont relevées le long des grands axes, en particulier autour du périphérique, dans les quartiers les moins favorisés.

Oui, c’est un rêve raisonnable. 7 déplacements sur 10 en transport motorisé privé ont une alternative non polluante. Le transport motorisé peut être limité au strict nécessaire : urgences, police, livraisons, artisanat, professions de nuit, personnes à mobilité réduite, personnes âgées. La circulation de ces activités en sera facilitée.

Oui, c’est un rêve réalisable. Oslo en Norvège, Madrid et Barcelone en Espagne, Ljubljana en Slovénie le mettent en œuvre. Paris a la chance d’avoir le réseau de transport collectif le plus dense au monde. Ce réseau est saturé aux heures de pointe ? Désaturons-​le en donnant les moyens aux vélos de circuler en toute sécurité sur la voie publique.

Qui sommes-​nous ?

Des citoyen.ne.s engagé.e.s pour que les transports ne se fassent pas au détriment du climat, de notre santé ou de notre sécurité. C’est possible, d’autres villes l’ont fait, et nous y parviendrons à Paris au cours du prochain mandat si nous nous mobilisons collectivement.

Animée par Alternatiba Paris en collaboration avec des nombreux partenaires, la campagne “La Rue est à Nous” est née début 2019 de la volonté de citoyen-​ne‑s souhaitant s’impliquer localement afin d’améliorer la qualité de vie à Paris et lutter contre le changement climatique.

Quelques chiffres

Sur les effets du confinement :

  • les capteurs de BruitParif montent une baisse spectaculaire du bruit, pouvant aller jusqu’à 90% le long de certains axes routiers
  • les capteurs d’AirParif montrent que la concentration de dioxyde d’azote a baissé de 50% le long des axes routiers, du jamais vu en 40 ans.

Sur l’impact de la voiture et des deux roues motorisés

Livre blanc des inCOPruptibles, qui synthétise les études et données fournies par EGT 2020, Greenpeace, Base accidents du ministère de l’Intérieur, Les décodeurs, AirParif. La voiture et la moto à Paris assure seulement un déplacement sur six, à une vitesse moyenne inférieure à 14 km/​h, mais occupe la moitié de l’espace public, contribue à la moitié de la pollution de l’air, représente l’essentiel des nuisances sonores, est à l’origine de 95% des accidents graves, et émet 1,3 million de tonnes de CO2 par an.

Pour savoir plus sur La Rue est à Nous

~ ~ le mouvement

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